Dans la peau d’une victime « criminelle »

Elle souhaitait avoir une nouvelle vie : une Brésilienne se retrouve au centre d’une polémique au Luxembourg pour avoir porté plainte. Victime de harcèlement, elle se retrouve désormais sur la liste des personnes expulsables et d’un ping-pong politique.

« Dans le café où je travaillais, un ami du patron qui trainait toujours là a pris un jour un énorme couteau et m'a tapé sur les fesses avec. Il a dit qu'il plaisantait comme ça avec toutes les serveuses du café. »

«Le patron passait devant moi et me touchait les hanches, me prenait par la taille et se frottait à moi. Il me disait : ‘Je te désire. Ne fais pas ta difficile’. Le soir, quand je quittais le travail, il me suivait même en voiture. »

« J’ai toujours travaillé plus de 40 heures par semaine. Et parfois même jusqu'à 70 heures. Ce n'est pas parce que je n'ai pas mes papiers à jour que je n'ai pas de droits ou que je dois être l'esclave de quelqu'un. »

« Quand je lui ai demandé de me payer, il m’a rétorqué : ‘Tu n'as pas de droits ici. C'est moi le patron’. Il m'a dit de ficher le camp et ajouté : ‘Apporte-moi tes papiers et je te paierai. Tu peux aller à la police, les conséquences seront autrement plus graves que pour moi’. »

« Quand j’ai téléphoné à la police, il m'a bousculé pour faire tomber mon téléphone. ‘Qu'est-ce que tu fais ? Tu m’agresses !’, ‘Tu mérites beaucoup plus’, m’a-t-il répondu. Il s'est tourné vers les clients et leur a dit : ‘Toutes les Brésiliennes qui viennent ici ne créent que des problèmes. Ce sont toutes des putes’. »