Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs,

Dans les dernières semaines et pendant le temps difficile du confinement, beaucoup de personnes ont réalisé des choses extraordinaires pour s'occuper des autres, pour garantir le fonctionnement et les services de notre pays et elles méritent notre gratitude et respect.

Ceci vaut évidemment pour le personnel du secteur de la santé mais aussi de l'alimentation, des services de l'État et des communes et particulièrement des enseignants qui ont fait un grand effort et se sont engagés pour leurs élèves, ils n'ont pas été laissés seuls.

Grâce à l'effort des enseignants et à une capacité de s'adapter aux supports digitaux, mais aussi aux entretiens téléphoniques et aux visites à domicile, les enfants et les adolescents ont reçu un encadrement qui autrement aurait été perdu.

L'année scolaire a été sauvée et les opportunités futures ont pu être préservées.

Les expériences du printemps ont permis de réaliser une rentrée scolaire dans les meilleures conditions possibles étant donné les circonstances actuelles.

Nous avons mieux maîtrisé le fonctionnement scolaire lors de la crise contrairement à d'autres pays parce que nous avions réalisé beaucoup d'investissements pendant les dernières années au niveau du personnel et du matériel dont on profite maintenant et nous continuerons à investir.

Malgré les investissements importants des dernières années, une somme de 169 millions d'euros est prévue dans le budget de l'année prochaine, donc une progression de 6,4%. Au total, le budget pour l'éducation, l'encadrement et la garde d'enfants est de plus que 2,8 millards euros. Ce pays est proportionnellement considéré à la pointe de l'UE et, à l'échelle mondiale, il est de loin le pays qui investit davantage dans l'éducation et dans les perspectives d'avenir des enfants et des jeunes.

Une partie de l'école qui a également souffert lors de la crise est le sport à l'école. Les médecins sont d'accord sur le fait que l'exercise physique dans l'école est très important et, pour cette raison, beaucoup d'efforts ont été entamés pour que cette activité puisse avoir lieu dans certaines conditions lors de la rentrée scolaire.

Le sport a une grande importance pour notre santé et notre développement. Cela va au-delà des sports scolaires. C'est pourquoi nous avons débloqué un budget supplémentaire de 5 millions d'euros dans un délai relativement court, ce qui profitera directement au sport.

Une réforme du congé sportif sera à l'ordre du jour l'année prochaine de même que la création d'un statut professionnel pour les athlètes de haut niveau qui ne veulent pas ou qui ne peuvent pas profiter des conditions de l'armée luxembourgeoise.

Nous continuerons à penser aux enfants et aux adolescents comme nous l'avons fait les derniers mois et également aux personnes âgées.

Surtout au moment le plus fort de la crise, nous avons dû ressentir de manière souvent impitoyable à quel point il est important pour les personnes âgées de pouvoir vivre une vie dans la dignité.

Ceci vaut pour les personnes qui vivent à la maison mais également ceux qui habitent dans une structure, une maison de soins ou de retraite.

Nous avons une qualité élevée mais nous pouvons nous améliorer sur plusieurs niveaux, notamment en ce qui concernent la transparence, la formation du personnel et les soins médicaux.

Nous travaillons actuellement de façon intensive sur ce sujet et notamment une convention récente entre le gouvernement, la COPAS et l'Association des médecins et dentistes a été signée pour le projet pilote d'une ligne de garde pour les maisons de retraite et les maisons de soins.

L'accès aux soins, au matériel médical et aux médicaments sera développé et amélioré.

Nous avons la responsabilité de nous occuper des personnes vulnérables, ce qui englobe les personnes âgées mais également d'autres groupes vulnérables et à risque, d'une infection du COVID-19. On n'est pas seulement à risque lors d'une pandémie et je suis content que nous pouvions nous permettre de prendre soin les uns des autres avec un grand consensus dans le pays de ne pas laisser à l'écart des personnes.

Lors de cette crise, des personnes avec un handicap ont souvent dû endurer plus que la majorité de nous. Pour les personnes qui habitent dans une structure, le contact avec des personnes à l'extérieur, avec la famille et les amis, est souvent vital. Souvent des personnes avec un certain handicap sont justement dépendants des contacts avec d'autres pour mener leur vie quotidienne. À cause de la pression lors de la crise, beaucoup de choses n'ont plus fonctionné comme d'habitude. Ceci vaut, par exemple, pour la communication et les messages officiels, qui, au début, n'ont pas été accessibles pour tout le monde. Il faut en tirer les bonnes leçons et s'améliorer à l'avenir.

Pourtant, il y a d'autres parties de la population qui sont très vulnérables et ce pendant les 365 jours de l'année.

Si on a une vue d'ensemble sur les initiatives comme la "Wanteraktioun" ou si on parle avec les employés des offices sociaux et avec les personnes engagées dans des ONG, qui s'occupent notamment des personnes avec des nombreuses difficultés, on remarque que les petits soucis pour les uns sont de grands soucis pour les autres. Les propres soucis sont souvent beaucoup moins importants.

Une leçon de cette crise pour moi est aussi qu'il est extrêmement important d'aborder, de mettre de la lumière là où il y a de l'obscurité.

C'est une tâche que la presse luxembourgeoise a remplie de manière exemplaire ces derniers mois. C'est toujours un peu spécial quand un homme politique fait l'éloge de la presse, car les journalistes vont alors se demander s'ils ont fait quelque chose de mal.

En tant que Premier ministre et ministre des Communications et des Médias, il est important pour moi d'avoir une presse forte et professionnelle. Il n'est pas bon que les médias soient faibles ou dépendent exclusivement du marché de la publicité.

Ceci n'a pas uniquement été remarqué au Luxembourg lors des derniers mois, mais on le remarque aussi quand on regarde la situation dans d'autres pays où la priorité est uniquement de vendre un produit sans évaluation objective, sans analyse et recherche approfondie et sans remise en question de la politique, de la société et de soi-même en tant que médias.

Nous avons également présenté des réformes lors derniers mois concernant les médias au Luxembourg afin d'affirmer et fortifier leur indépendance. Ceci inclut l'aide à la presse où maintenant la qualité compte plus que la quantité.

Le travail journalistique est mis en avant et il existe maintenant des incitations supplémentaires pour les éditeurs qui investissent dans la formation, aussi continue, et l'innovation.

Il est également prévu dans ce texte de soutenir des initiatives dans l'espace média, qui fonctionnent en que "Start-Up" et aussi comme des médias communautaires.

Il a été notre but de créer, pour la première fois, une base légale pour les aides étatiques afin d'assurer la sécurité et la prévisibilité. En raison de circonstances diverses, un des médias, Radio ARA, ne peut pas profiter de ces aides comme initialement prévu. Ceci n'est pas le but de la réforme de l'aide à la presse.

Nous sommes d'avis que la contribution précieuse de ces médias à notre société doit être reconnue et soutenue de manière adéquate. Pour cette raison, nous recherchons actuellement des moyens spécifiques pour rendre justice à cela comme initialement prévu. Je suis convaincu que nous trouverons une solution grâce à l'échange avec la commission parlementaire compétente, qui s'occupe du texte après l'avis du Conseil d'État

Nous sommes actuellement en train de créer aussi un cadre juridique pour la radio publique.

Il y a eu un débat ici à la Chambre des députés et je répète que je peux certainement reconsidérer les propositions faites par la Chambre, mais aussi par l'Association européenne des médias de service public.

Nous voudrons fortifier la radio dans son indépendance, créer plus de prévisibilité et assurer plus de transparence, notamment dans la gouvernance. Le texte respectif sera présenté encore cette année dans la commission parlementaire compétente et, nous espérons, également déposé.

En même temps, il y a eu aussi un cycle de négociations avec la CLT sur la poursuite de la convention dans le secteur audiovisuel et nous travaillons actuellement sur le texte de cette convention. Nous présenterons également ce texte à la commission parlementaire compétente avant de parvenir à un accord.

Les médias ont un mandat d'information et d'éducation, en particulier les médias de service public. Mais ce n'est pas tout. Nous sommes de l'avis qu'un débat sur des questions qui occupent les gens peut animer et enrichir le paysage culturel.

Il n'y pas de société sans culture et pas de culture sans société.

La culture est lien qui nous connecte. Cela nous donne un soutien, une orientation et un sentiment de solidarité dans une société qui peut être déchirée par de nombreux facteurs.

L'impact de la crise actuelle sur le secteur culturel est énorme. C'était l'un des premiers secteurs à fermer ses portes et c'est aussi l'un des derniers à reprendre ses activités normales.

1000 manifestations et plus que 100 vernissages ont été annulés pendant le confinement, ce qui a affecté plus qu'un million spectateurs.

Le secteur culturel représente 5% des emplois au Luxembourg. Le secteur culturel emploie au total plus de 12.200 personnes avec une surreprésentation des travailleurs indépendants - près d'un cinquième de ces personnes ne sont pas des salariés - par rapport aux autres secteurs économiques.

L'impact économique et financier dans l'ensemble est grave car la baisse significative des recettes des organisateurs culturels affecte également les revenus des artistes professionnels indépendants et de l'intermittent du spectacle. Les revenus des infrastructures culturelles affichent un fléchissement significatif, puisque 15% à 30% du chiffre d'affaires provient directement de leurs activités.

Un échange avec les fédérations qui représentent les artistes professionnels indépendants et intermittents du spectacle au Luxembourg a été activement recherché. Sur base d'un catalogue de plaintes dressé par les fédérations et d'enquêtes menées auprès de ses membres, il a été possible de mieux appréhender les enjeux et les dangers pour les acteurs culturels dans le contexte de la crise.

Même après la réouverture des institutions culturelles, les conséquences durables de la crise se feront encore sentir dans les mois à venir. Depuis la reprise cet automne, les événements se déroulent dans des conditions strictes, de sorte que les capacités ne peuvent être utilisées que jusqu'à la moitié. Des événements comme des concerts plus importants à la Rockhal ne peuvent pas être organisés jusqu'à nouvel ordre. Le secteur de la musique est donc lourdement touché.

Le gouvernement a donc soutenu le secteur culturel à l'aide de moyens supplémentaires à hauteur de 5 millions d'euros, ceci notamment pour encourager la création de nouveaux formats culturels.

Les troisièmes assises culturelles de fin octobre sont elles aussi placées dans un cadre particulier. En collaboration avec les acteurs culturels, nous essayons de tirer les conséquences de la crise et de déterminer quelles perspectives futures nous pouvons dessiner ensemble.

Il est évident que la loi sur le statut des artistes indépendants et de l'intermittent du spectacle devra être adaptée à la situation actuelle afin de garantir une plus grande flexibilité de ces statuts.

Une autre priorité est la protection des monuments.

Le gouvernement a soumis le projet de loi sur la protection des monuments aux autorités. L'avis du Conseil d'État est disponible et la commission de la culture de la Chambre a commencé ses travaux. Cet important projet fournit un cadre juridique moderne pour la protection et la préservation de l'ensemble du patrimoine culturel, c'est-à-dire du patrimoine archéologique, architectural, mobilier et immatériel. En même temps, des règles internationales issues des conventions culturelles, et ratifiées par le Luxembourg, sont transposées par le biais de ce projet.

Le patrimoine de demain se crée avec les artistes d'aujourd'hui.

Comme prévu dans le plan de développement culturel 2018-2028, le travail des artistes doit être respecté, soutenu et encouragé. Et c'est pourquoi nous allons mettre à l'avenir davantage l'accent sur des emplois accessibles pour les artistes et les créatifs. Cet effort sera lié au soutien financier nécessaire mais aussi aux exportations.

C'est pourquoi nous avons fondé, avant l'été, Culture: LX, le soi-disant Arts Council (Conseil des Arts. Cette nouvelle infrastructure nous permet de soutenir nos artistes de manière plus conséquente, de les accompagner dans la construction de leur carrière professionnelle et de les aider à mieux s'implanter à l'étranger et de s'y faire connaître. La mobilité des artistes est l'une des priorités.

En outre, une homogénéité des mesures en Europe serait importante afin d'encourager et de faciliter la mobilité des artistes actuellement soumis à des restrictions.

La culture contribue souvent à relancer l'économie. Là où elle aura lieu, il existe un certain nombre de services inhérents qui soutiennent le reste de l'économie. Il est donc important de ne pas penser à la culture en dernier. Il est essentiel et dans notre intérêt que Esch 2022 devienne un succès.